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Prévention des allergies chez les bébés: les recommandations changent

Prévention des allergies chez les bébés: les recommandations changent
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Pendant longtemps, on a recommandé aux jeunes parents de ne pas donner d’aliments allergènes à leurs bébés et tout-petits, pendant leurs premières années de vie et ce, pour éviter les réactions allergiques. Cependant, des études récentes, incluant une recherche qui a été publiée cette semaine,  affirment que c’est l’approche contraire qu’il faudrait adopter. Soit, d’introduire les aliments allergènes le plus tôt possible dans l’alimentation des enfants, car cela diminuerait les risques de développer des allergies alimentaires.

Dans une série d’articles ayant été publiés dans le Journal of Allergy and Clinical Immunology, des chercheurs du King’s College London au Royaume-Uni partage les résultats d’une vaste étude clinique portant le nom de « EAT » (Enquiring about Tolerance), qui a été menée auprès de 1300 enfants. La moitié ont commencé à consommer des arachides, des oeufs, du lait de vache, du sésame et de la morue, dès l’âge de trois mois, alors que l’autre moitié a été nourrie exclusivement au sein jusqu’à l’âge de six mois. 

Les scientifiques ont estimé le niveau de prédisposition des nourrissons à développer une allergie en se basant sur la présence ou non d’eczéma sur leur peau ainsi qu’avec un test cutané visant à voir si le bébé était déjà sensibilisé à un allergène.

L’équipe a observé que l’introduction précoce d’aliments allergènes dans le régime alimentaire des nourrissons qui étaient déjà très prédisposés à souffrir d’une allergie alimentaire réduisait significativement leur risque de développer une telle allergie. 

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Parmi les enfants déjà sensibilisés aux oeufs à l’âge de trois mois — comme en témoignait la présence d’anticorps contre cet aliment dans leur sang —, seulement 20 % de ceux qui avaient reçu des oeufs à partir de trois mois ont développé plus tard une allergie aux oeufs, comparativement à 48,6 % des bébés qui n’avaient ingéré que du lait maternel. 

Parmi les bébés déjà sensibilisés aux arachides, 14,3 % d’entre eux qui avaient reçu des allergènes dès le début de l’étude ont développé une allergie à cet aliment, comparativement à 33,3 % des poupons nourris uniquement au sein.

Les scientifiques mentionnent que la diminution du risque d’allergie est significative, et ce, même si plusieurs  parents n’ont pas suivi le protocole de façon assidue.

Un fait important à mentionner: l’introduction d’aliments allergènes chez les bébés sans risque particulier d’allergies n’a pas augmenté ledit risque.

D’après Moshe Ben-Shoshan, l’allergologue de l’Hôpital de Montréal pour enfants, cette nouvelle étude vient confirmer ce que les scientifiques savaient déjà au sujet  des arachides depuis 2015. C’est aussi vrai pour les oeufs. La recherche montre également que l’introduction des allergènes peut débuter dès l’âge de trois mois, alors qu’on recommandait auparavant de débuter les arachides quand bébé a de 4 et 6 mois.

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« Les études montrent que plus on introduit tôt les aliments allergènes, plus on prévient le développement des allergies. Mais en pratique, faire manger du solide à des nourrissons de trois mois n’est pas réalisable chez tous les enfants. De plus, l’introduction précoce des allergènes n’est pas non plus une garantie absolue que l’enfant ne sera pas allergique », prévient toutefois  Philippe Bégin, allergologue-immunologue au CHU Sainte-Justine.

« Cette étude renforce toutefois le message qu’il ne faut pas retarder l’introduction des aliments allergènes, qu’il vaut mieux le faire le plus tôt possible lorsque l’enfant peut accepter les aliments solides. Habituellement, les bébés le peuvent entre quatre et six mois », mentionne-t-il.

« Au début des années 2000, on recommandait de reporter l’introduction de tous les aliments allergéniques (principalement les arachides jusqu’à trois ans et les poissons jusqu’à deux ans) pour prévenir l’allergie parce qu’on savait que la très petite enfance est le moment critique où se développent les allergies. Mais les enfants étaient quand même exposés aux arachides dans leur environnement si d’autres personnes autour d’eux en mangeaient. Or, cette exposition par la peau s’avère pire que l’ingestion, car le corps interprète alors l’aliment comme un dangereux parasite, alors que, par défaut, le corps interprète ce que l’on mange comme inoffensif. Quand on a réalisé ça, on a changé notre façon de voir les choses et on a compris qu’il fallait introduire l’allergène par la bouche avant que l’enfant à risque d’allergies se sensibilise par la peau », explique le Dr Bégin.

En 2015, la publication de l’étude « LEAP » a révélé que l’introduction d’arachides chez les bébés de 4 à 11 mois protège contre l’émergence d’allergie. 

« La publication de cette étude a été le moment où nous avons commencé à recommander d’introduire les arachides précocement, dès que l’enfant est prêt, et ce, surtout s’il est jugé à risque de devenir allergique. La nouvelle étude confirme le même phénomène pour les oeufs. Et on peut imaginer que c’est également vrai pour les autres aliments », pense le Dr Bégin.

Source: Le Devoir · Crédit Photo: Adobe Stock

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