
COVID-19: 3 fausses idées qui circulent au sujet des masques
3 arguments contre le port du masque qui ne tiennent pas la route, selon les experts
En ce moment dans plusieurs pays, les gens se divisent en deux camps: les pro-masques et les anti-masques. Mais si les gens veulent entrer dans des endroits publics fermés, ils doivent porter un couvre-visage.
Voici 3 objections courantes au port du masque et des réponses d’experts à ce sujet.
Rumeur #1: Une utilisation prolongée du masque serait dangereuse
Dans un texte largement partagé sur les réseaux sociaux, on lit que « L’utilisation prolongée du masque provoque une hypoxie » (un manque d’apport en oxygène).
C’est faux.
Les faits:
Il est vrai que porter un masque est inconfortable et cet inconfort diffère d’une personne à une autre et d’un masque à l’autre.
Or, même si cela demande un léger effort physique d’en porter un pour respirer normalement, le docteur Philippe Carenco, médecin hygiéniste responsable de service au centre hospitalier Marie-José-Treffot (France) assure que « cela n’a rien à voir avec un manque d’oxygène ».
Toujours selon lui, « Il n’y a pas de raison de craindre un manque d’oxygène lié au port du masque dans les conditions normales d’utilisation ». Ce qui signifie, par exemple, en dehors, d’une activité sportive intense.
Selon les matériaux utilisés pour leur conception, les masques ont une résistance à l’air (c’est-à-dire une «respirabilité»), différente. Mais cette respirabilité est calibrée et entre dans la norme. C’est une évidence dans la conception des masques.
« Sinon on ferait des masques en béton » qui protégeraient très bien du virus mais ne permettraient pas de respirer correctement, illustre le docteur Carenco.
Il est vrai que les fabricants recommandent habituellement dans le mode d’emploi qui accompagne leurs masques une durée d’utilisation de quelques heures. Toutefois, selon le docteur Carenco, cela n’a rien à voir avec une période de temps qui pourrait empêcher de respirer.
C’est seulement pour que le masque conserve son efficacité. De plus, on recommande de changer un masque quand il est humide.
Mais pour en revenir à la supposée insuffisance respiratoire, celle-ci s’observerait rapidement, non après quelques heures, selon le médecin.

Rumeur #2 : Les masques ne servent à rien, car les virus sont plus petits que leurs mailles
C’est faux.
Les faits:
C’est un argument récurent chez les anti-masques. Dans un long texte virulent publié sur Facebook à la fin de mai, on peut lire entre autres ceci:
« [Les masques] sont inutiles (…) car les virus sont si petits (0,1 micron) qu’ils passent à travers les mailles des masques les plus sophistiqués (0,3 micron). C’est un peu comme si la grosseur de la maille correspondait à un tunnel de métro pour nous, il y a de l’espace. »
La rumeur prend sa source dans un constat scientifiquement valide. Oui, le virus peut être véhiculé par des particules plus petites encore que les pores des masques utilisés couramment. Les particules du virus responsable du Covid-19 mesurent, il est vrai, environ 0,12 μm ( 0,12 millième de millimètre). Donc, un masque conçu avec des mailles assez fines pour les piéger ne permettrait donc pas de respirer correctement.
Oui, les mailles des masques ont la taille d’un « tunnel de métro » pour une particule de virus. Mais on recommande tout de même de porter un masque pour lutter contre le nouveau coronavirus, car cet accessoire a un autre autre effet. Il faut savoir qu’une bonne partie des particules du virus sont piégées malgré tout, par effet électrostatique.
En avril dernier, le physicien Jean-Michel Courty a expliqué au Monde que « les mailles du masque font office de barrière électrostatique ».
« Par effet des forces intermoléculaires, dites de Van der Waals, lorsqu’une très petite particule telle que le SARS-CoV-2 rencontre une fibre, elle s’y colle définitivement. La multitude de fibres non tissées multiplie les chances de collision », et donc l’efficacité du filtre, a mentionné monsieur Courty.
Donc les masques ne sont donc pas vraiment des filets, mais plutôt un genre « d’aimants à particules de virus ».
Ce qui explique que les masques perdent en charge électrostatique quand ils sont mouillés ou vieux, et deviennent ainsi moins efficaces, selon le docteur Philippe Carenco.

Rumeur #3:
C’est écrit sur la boite: les masques ne protègent pas du virus
Un autre message largement diffusé sur Facebook et autres plateformes, accompagné d’une photographie d’un
emballage de « masque d’hygiène 3 plis bleu » mentionne que « ce produit ne protège pas des contaminations virales ou infectieuses. »

La réalité est plus complexe
Les faits:
Cette publication image la complexité du débat sur les masques.
Il faut premièrement comprendre qu’il existe plusieurs types de masques. Au départ de l’épidémie, on en comptait principalement deux utilisés dans la lutte contre le SARS-CoV-2 :
- les masques de protection respiratoire individuelle, qui ont un système filtrant visant à protéger les gens qui les portent des risques d’inhalation d’agents infectieux. Ils sont destinés à un usage médical, en priorité pour les professionnels qui pratiquent des gestes invasifs respiratoires sur des patients intubés.
- les masques antiprojections, dits « chirurgicaux », qui sont conçus pour un usage médical, qui ont pour mission principale d’éviter que leurs porteurs rejettent des sécrétions dans l’air et contaminent les gens autour. Ce sont ceux que,les dentistes et le personnel hospitalier portaient bien avant la pandémie actuelle.

La pénurie de masques chirurgicaux a poussé les autorités à réserver cette catégorie de masque au personnel soignant et à favoriser l’utilisation d’un troisième type de masques: le fameux « masque barrière » qui est destiné au grand public, dans le cadre d’une activité quotidienne ou professionnelle. Ces « nouveaux » masques ne respectent pas vraiment de normes pour le moment, de normes contrairement aux masques à usage médical.
Pourquoi, alors, lit-on sur des boîtes de masques qu’ils ne protègent pas contre le SARS-CoV-2 ?
Parce qu’ils ne sont pas conçus pour offrir une protection individuelle à leur porteur, mais pour aider à des mesures collectives qui visent à limiter la propagation du virus responsable du Covid-19.
Le docteur Carenco insiste sur trois règles, qu’il appelle les « trois “M” : le port du masque, l’hygiène du masque et le respect d’une distance d’au moins un mètre entre les personnes ». En France, l’Académie nationale de médecine a également recommandé son utilisation dès le 5 avril, comme complément des autres gestes barrières et des mesures sanitaires.
Comme aucun fabricant de tels masques ne peut prétendre offrir une protection individuelle à son porteur contre la Covid-19. C’est la raison des avertissements inscrits sur les boites.
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