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Covid-19 et filtres dans les masques: Ottawa et Québec n’ont pas le même avis sur la question

Covid-19 et filtres dans les masques: Ottawa et Québec n’ont pas le même avis sur la question
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Depuis le début de la pandémie du coronavirus, les avis changent au sujet su couvre-visage… et changent.

Si au début de la crise, on doutait de la pertinence de porter un masque en faisant l’épicerie, on en est venus à l’utiliser partout.

Ensuite, on s’est questionné sur les matériaux utilisés. Lesquels apportaient la protection optimale?

Les avis divergent à ce sujet selon les pays, mais aussi à l’intérieur d’un même pays. C’est le cas au Canada, où le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial ne lancent pas nécessairement les mêmes messages.

En effet, même si les deux ordres de gouvernement affirment que les masques doivent être faits de trois couches pour être assez efficaces, la teneur de ces couches ne fait pas l’unanimité.

Du côté d’Ottawa, on juge que des sacs d’épicerie réutilisables ou des essuie-tout peuvent être utilisés en tant que filtres alors qu’à Québec, on pense le contraire. La province, étude à l’appui, pense que ce genre de filtres n’offrent pas de protection en plus.

Sur le site Internet du gouvernement du Canada, on explique comment fabriquer un couvre-visage à trois couche, en mentionnant qu’un des dites couches a comme mission de servir de filtre.

Adobe Stock

Selon Santé Canada, ces filtres peuvent être achetés ou confectionnés à la maison. 

On peut lire ceci sur le site Internet en question:  « Les filtres jetables sont facilement accessibles. Cependant, vous pouvez également préparer votre propre filtre en utilisant un tissu polypropylène non tissé qui peut être : […] le tissu non tissé utilisé pour fabriquer certains sacs à provisions réutilisables, un essuie-tout plié. »

Mais à Québec, on affirme le contraire… L’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) a effectué une batterie de tests pour évaluer l’efficacité filtrante de plusieurs matériaux. L’institut a testé des matériaux aussi variées que des sacs d’aspirateur, des lingettes sèches « Swiffer », des chiffons de peintre, du tissu polaire, des filtres à café, des sacs réutilisables et des essuie-tout. 

La conclusion de ces tests: parmi tous les éléments mentionnés, seuls les sacs d’aspirateur « Hoover HEPA » n’ont répondu aux normes de filtration des particules. C’est un échec pour tout le reste.

Adobe Stock

Monsieur Loïc Wingert, un professionnel scientifique à l’IRSST qui a mené ces tests, a confié au Devoir ceci:

« On a testé plusieurs essuie-tout. C’est médiocre comme performance. Au mieux, c’est moyen. Ils ne sont pas de bons candidats. […] On ne recommande pas ça. Ce n’est pas quelque chose à utiliser dans un masque barrière. » 

Même conclusion en ce qui concerne les sacs d’épicerie en polypropylène non tissé qui sont suggérés par Santé Canada.

Monsieur Wingert a partagé, à titre de repère seulement, un ordre de grandeur de l’efficacité de ces matières concernant la filtration des aérosols émis par la bouche. 

D’après l’IRSST, le masque de coton comprenant deux épaisseurs fournit une protection d’à peine 10 % (donc, les particules de tailles moyennes, qui sont les plus difficiles à bloquer, ont 90 % de probabilité de traverser la barrière). 

Dans le meilleur des cas, un filtre en essuie-tout ou en sac d’épicerie augmentera cette efficacité à 14% environ seulement.

De plus, puisque tous les sacs et essuie-toute sont pas pareils, l’augmentation de la protection grâce à ces filtres peut tout simplement être de 0%!

Mentionnons que l’IRSST a publié les résultats de ses tests dès le printemps et qu’ils sont depuis très largement accessibles sur Internet.

Chez Santé Canada, on n’a pas pu expliquer Devoir sur quelles données scientifiques s’appuie sa nouvelle recommandation au sujet des trois couches, émise récemment par l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam.

Des entreprises qui fournissent du matériel de protection au Canada pressent le Fédéral de modifier ses recommandations au sujet des filtres en polypropylène, affirmant qu'elles sont trompeuses, puisque « une troisième couche ne protège pas beaucoup mieux que les deux couches qui existent déjà »

La semaine dernière, le gouvernement du Québec a affirmé travailler à l’élaboration de normes d’efficacité en ce qui a trait à la fabrication de masques non médicaux.

Une histoire à suivre…

Source: Le Devoir · Crédit Photo: Adobe Stock

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