
Du camping nouveau genre au Québec: dormir à la ferme
Une tendance qui prend de l’ampleur actuellement
Plus que jamais cette année, les gens prennent leurs vacances estivales dans la province. Question d’encourager l’économie locale après le confinement causé par la COVID-19, mais aussi parce que les options de destinations étrangères sont plus limitées en ce moment. Sans oublier la crainte de contracter le coronavirus en voyageant par dans un autre pays.
Cette situation particulière comporte un certain avantage pour l’agrotourisme québécois. Saviez-vous que depuis quelques années, il est possible de faire du « camping à la ferme » lorsqu’on possède ou qu’on loue un VR (véhicule récréatif)?
C’est dans la région des Cantons-de-l’Est que cette forme d’hébergement a connu le plus de succès l’été dernier, entre autre à la Ferme Renaissance, située à Weedon et la Ferme du Ruisseau d’or, de Saint-Ludger. Pour l’été 2020, la formule devrait intéresser encore plus de vacanciers désireux de prendre l’air.
En 2017, Karine Morin et sa mère et sa Michèle Bourassa, on lancé la plateforme Terego, sur laquelle on peut réserver gratuitement un séjour dans une ferme agrotouristque, moyennant un prix d’abonnement annuel. Le duo mère-fille en avait eu l’idée au retour d’un voyage en Nouvelle-Zélande.
« Nous avions loué un VR et il y avait une sorte de liste de producteurs qui nous permettaient de camper chez eux. Finalement, nos plus beaux moments ont été ceux passés chez les agriculteurs, à faire des détours et à discuter avec eux. D’ailleurs, c’est vraiment ce qui ressort beaucoup autant chez les voyageurs que les producteurs membres : ce qu’ils aiment le plus, ce sont les rencontres », a confié madame Bourassa à La Tribune.
Au fil du temps, leur initiative a attiré un nombre croissant de membres producteurs et de vacanciers. À ce jour, 241 producteurs mettent entre un et cinq espaces de stationnement à disposition des membres Terego au Québec surtout, mais aussi en Ontario et dans les Maritimes.

« Sans le vouloir, on a créé une formule qui convient vraiment bien à la situation actuelle. Cette année, on n’a pas le temps d’appeler des producteurs pour les convaincre d’embarquer, c’est eux qui nous contactent! » a confié Karine Morin à La Tribune.
Frédéric Poudrette, propriétaire de la Ferme Renaissance à Weedon, constate lui aussi que les producteurs québécois ont la cote cette année. Monsieur Poudrette, qui élève des cerfs et des sangliers, accueille des campeurs Terego depuis 2017 et reçoit habituellement entre 35 et 40 réservations de campeurs chaque été. Cette année, seulement depuis le 1er juin, il a déjà loué son espace pour 45 nuitées.
Chez lui, en plus des nuitées, on peut profiter d’une visite libre, guidée ou gourmande ou de faire une courte randonnée et se procurer des produits locaux. L’endroit a ses fidèles, qui reviennent chaque année et réservent tôt pour obtenir les dates de leur choix. La période des Perséides est très populaire puisque dans un rang, à la ferme, il fait noir la nuit.
Cette formule permet aux gens de prendre le temps de découvrir des coins de pays où ils ne s’attarderaient pas habituellement, traversant les routes pour se rendre du point A au point B sans s’arrêter.
Le prix d’un passeport annuel Terego est de 105$ et un passeport de 3 jours 55$. Tous les détails sur le site de l’entreprise.
Est-ce que l’agrotourisme est une formule qui vous interpelle?
Voir du monde »
La popularité des cinq stationnements à la reculée Ferme du Ruisseau d’or de Saint-Ludger a d’ailleurs surpris les fondatrices de Terego. L’accueil de Chantal Prévost et de son conjoint semble faire la différence sur cette ferme de la MRC du Granit, qui en était une laitière jusqu’à ce printemps. Fêtant cette année ses 100 ans d’histoire, l’entreprise se concentre maintenant sur la transformation alimentaire ainsi que l’élevage de porc, de poulets de grain, de mouton et de veau de grain.
« Je le fais parce que j’aime voir du monde, confie Mme Prévost. C’est mon social, j’aime parler de mes produits et j’aime faire plaisir. Mon chum c’est la même chose, il aime parler de ce qu’il fait. J’offre aussi aux gens le petit déjeuner, et je me rends disponible s’ils ont besoin de quelque chose. Ils peuvent aussi aller voir les animaux et se promener sur le site. »
Si les campeurs ne déboursent rien pour camper chez les producteurs, Terego les encourage fortement à se procurer des produits sur place en guise de contribution. Selon Mme Prévost, les campeurs sont toujours bien généreux.
« Tout le monde est super respectueux et gentil, je n’ai pas à me plaindre. En tout cas, à les voir et à les entendre, ça me donne envie de partir en vacances! » dit-elle.
M. Poudrette a d’ailleurs calculé une moyenne de 50 $ déboursé par campeur chez lui. Est-ce cependant coûteux en temps? « On est des passionnés, on prend le temps », répond M. Poudrette.
Les membres Terego peuvent réserver entre 1 à 30 jours à l’avance, une nuit à la fois. Les voyageurs, qui peuvent camper en VR ou en roulotte, à condition que celle-ci ne soit pas détachée du véhicule, doivent être autonomes puisque les emplacements n’offrent ni électricité, ni eau ou égouts. Pour un abonnement voyageur de 12 mois, le prix est actuellement fixé à 105 $.
Les producteurs sont aussi libres de bloquer certaines dates s’ils ne souhaitent pas recevoir de campeurs à ces moments précis.
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