Trucs et Astuces : La science nous apprend que la musique aide au développement du cerveau des grands prématurés
Qu'en pensez-vous? Laissez votre commentaire ici.  

La science nous apprend que la musique aide au développement du cerveau des grands prématurés

Mais pas n’importe quelle musique!

Publié le par Trucs et Bricolages dans Trucs et Astuces
Partager sur Facebook
2 2 Partages

Même si les chances de vivre et d’être en santé augmentent chez les bébés qui naissent prématurément (soit avant 32 semaines de gestation) ont fortement augmenté au fil des années, tout n’es pas gagné. 

Ces bébés demeurent très à risque de développer des problèmes neuropsychologiques, comme des troubles d’apprentissage ou des problèmes de concentration ou de gestion des émotions.

C’est pourquoi des chercheurs de l’Université de Genève et des Hôpitaux universitaires de Genève ont voulu connaitre l’effet qu’aurait sur le développement des cerveaux des prématurés des pièces musicales composées spécifiquement à pour eux.

Cette musique leur étant destinée pour a semblé stimuler le développement du cerveau de grands prématurés.

La conclusion de cette expérience est frappante: les réseaux neuronaux des bébés qui ont été exposés à cette musique se sont mieux développés! En particulier, un réseau qui est impliqué dans plusieurs fonctions cognitives et sensorielles.

Adobe

«Ça ne me surprend pas qu’une intervention où il y a une musique qui est quand même adaptée pour leurs sens, donc quelque chose de non agressant, qui est quand même calmant, puisse stimuler le développement de leur cerveau. Ce n’est pas une surprise, mais c’est le « fun » qu’ils soient capables de le prouver », a dit la pédiatre Thuy Mai Luu, du CHU Sainte-Justine, à Montréal.

Il faut savoir qu’à l’hôpital, les bébés prématurés sont parfois plongés dans un environnement qui est agressant pour eux. Des moniteurs qui sonnent, des portes qui claquent ou des alarmes, par exemple. Les scientifiques suisses ont expliqué que «l’immaturité du cerveau, combinée à un environnement sensoriel dérangeant, explique pourquoi les réseaux neuronaux ne se développent pas normalement».

Cependant, la docteure Luu prévient que l’inverse est aussi vrai. Avec la technologie moderne, quand le bébé est placé dans un incubateur isolé dans une chambre unique, il se retrouve plutôt plongé dans un silence total.

«Donc c’est soit qu’on a un environnement avec trop de stimulations qui sont trop agressantes (…) pour des sens qui sont encore immatures, ou au contraire on a aucune stimulation, on s’est rendu compte, lors d’études récentes, qu’au niveau du développement du langage, ce n’est peut-être pas nécessairement mieux », a-t-elle expliqué.

Les chercheurs ont fait appel au musicien Andreas Vollenweider pour composer des pièces visant à enrichir l’environnement des bébés avec des stimulis «plaisants et structurants».

En premier lieu, Vollenweider et une infirmière spécialisée ont exposé les prématurés à différents instruments. C’est le punji (la flûte utilisée par les charmeurs de serpents) qui a généré chez eux le plus de réactions. Même les enfants agités se calmaient instantanément à ce son!

L’artiste a donc composé trois environnements sonores de huit minutes mettant avant le punji, la harpe ainsi que des clochettes.

«Ce que je retiens de cette étude-là, c’est qu’ils n’ont pas mis n’importe quelle musique. Le compositeur a vraiment choisi sa musique pour l’enfant prématuré. Je ne sais pas si ça fonctionnerait avec d’autres populations. (…) Il a vraiment composé en fonction du bébé, en fonction du moment de la journée », a affirmé  la docteure Luu à Métro.

Adobe 

Les scientifiques ont utilisé une imagerie par résonance magnétique fonctionnelle pour étudier les cerveaux des bébés prématurés exposés à la musique, de bébés prématurés qui n’ayant pas écouté la musique et de bébés nés à terme. L’expérience les a menés à conclure  que l’organisation des réseaux neuronaux des bébés prématurés exposés à la musique était similaire à celle des bébés nés à terme.

Les bébés qui ont été exposés à la musique pour cette expérience sont maintenant âgés de 6 ans. C’est l’âge auquel les problèmes cognitifs pourraient commencer à se manifester. C’est pourquoi les responsables de l’étude veulent réévaluer ces enfants afin de voir où ils en sont rendus.

D’après la docteure Luu, «Ce sont des régions du cerveau associées à des fonctions cognitives plus élevées, comme l’organisation, la planification de certaines petites tâches, donc il faut avoir un certain âge pour qu’on puisse les mesurer, ça ne peut pas être vérifié à deux ou trois ans».

L’étude en question a été publiée par le journal scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences.

Partager sur Facebook
2 2 Partages
Sauvegarder sur Pinterest

Source: Métro
Crédit Photo: 214323