Remettre à demain serait-il de cause biologique?
Des chercheurs ont trouvé une différence dans la taille de l'amygdale entre les procrastinateurs et ceux qui arrivent à s'activer en toute circonstance.
Vous êtes en train de lire cet article au lieu de terminer un travail avant la date de tombée? Ce n'est pas votre faute! C’est plutôt celle de la composition de votre cerveau.
Vous pouvez essayer de sortir cet argument à votre patron, en espérant qu’il ne soit pas de mauvaise foi lorsque vous expliquerez ce dont parle une étude publiée le 17 août dans la revue Psychological Science.
Six chercheurs sont à l'origine de ces travaux. Ils ont découvert un lien entre la procrastination et la taille et le fonctionnement de l'amygdale, une zone du cerveau qui gère notamment notre rapport aux émotions et plus particulièrement à la peur.
L’amygdale joue un rôle dans nos prises de décisions; elle estime l’impact négatif ou positif des résultats.
Les chercheurs ont analysé 264 personnes à qui ils ont d'abord fait remplir un questionnaire pour cerner leur personnalité. Les questions ressemblaient à ceci:
Quand vous n'avez rien de particulier à faire et que vous vous ennuyez, vous:
A) Avez du mal à rassembler assez d'énergie pour faire quelque chose.
B) Trouvez rapidement quelque chose à faire
La réponse A est évidemment celle d'un procrastinateur en herbe!
Les chercheurs ont analysé le cerveau des 264 participants grâce à des IRM. Ils ont alors remarqué que les personnes qui ont tendance à ne pas arriver à se motiver ont également une amygdale plus importante.
« Cela pourrait vouloir dire que les individus avec une amygdale d'un plus grand volume ont appris de leurs précédentes erreurs et évaluent leurs futures actions et leurs possibles conséquences plus en profondeur », notent les auteurs. Ce qui pourrait entraîner plus de peur et plus d’hésitation.
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Cette étude a aussi révélé que les personnes adeptes de la procrastination auraient tendance à avoir une connexion plus faible entre l'amygdale et le cortex cingulaire antérieur dorsal, une zone qui utilise les informations de l'amygdale pour prendre la décision de réaliser une action ou non.
Une connexion moins forte pourrait donc entraîner une régulation des émotions négatives insuffisante, selon les scientifiques.
Mais les auteurs de cette étude mentionnent bien que cette dernière ne permet pas d'établir un lien causal direct.
En résumé, on ne sait pas vraiment si la taille et les connexions de l'amygdale influencent la tendance à procrastiner ou si d'autres éléments sont plus importants.
Surtout, on ne sait pas à quel point tout cela est permanent. On sait que le cerveau est plastique; nous le façonnons quotidiennement par notre activité cérébrale.
Les auteurs estiment donc que de futures études devraient tenter de savoir s'il est possible de modifier ce type de comportement et/ou la taille de l'amygdale.
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Ce genre de découvertes permettraient de fournir une explication causale à la découverte des auteurs de la présente étude et pourraient offrir la possibilité de changer les personnes qui ont tendance à procrastiner.
Mais la procrastination a aussi de bons côté! Voyez par-vous mêmes dans cette vidéo:
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